J'ai enfin pu réalisé mon envie de faire une étape nocturne, enfin semi nocturne c'est à dire de profiter que la Lune soit encore pas mal pleine et lumineuse, donc, pour marcher en partie la nuit, baigné dans sa lueur.

C'est donc vendredi, après mon jour de repos aux Signols (merci encore pour tout !), que j'ai décidé de tenter le coup. Tout est réuni : bien reposé, chemin facile, temps sec et sans nuages.

Donc je me réveille à 3H du mat', plie la tente, et prépare un Korrigan qui se demande bien ce que je fabrique. Il serait pas contre finir sa nuit.

Départ à 4h, la lampe frontale ayant remplacé le chapeau de paille. Bien pratique pour lire la carte, et pour les passages trop sombres en forêt, mais j'essaye de m'en passer un maximum pour profiter de la lumière lunaire. Marcher dans le silence de la nuit fût un moment exceptionnel. Pas un chant d'oiseau, mis à part une chouette, aucun animal sauvage croisé... Cette ambiance me pousse à simplement murmurer à Korrigan, le rassurant, lui que je sens angoissé de marcher ainsi. Je m'apperçois également que je marche naturellement en essayant de faire le moins de bruit possible. Korrigan ne s’embarrasse pas de cette précaution.

Lentement, l'est blanchi, puis rougi, la Lune se dirige paisiblement vers l'horizon. Les nuages matinaux m'empêchent de contempler l'astre solaire, dommage. Ce fût une belle expérience, mais la fatigue était bien là. Ces 2 heures de marche nocturne m'ont parût interminables sur le moment, le temps est chamboulé, la vitesse de marche est amoindrie, les repères sont perdus. On doit aiguiser au mieux ses sens pour pouvoir s'orienter.

A 7h, nous sommes de l'autre côté du lac de Vézoles, je trouve un joli coin pour la pause petit déjeuner. Je précède ce moment tant attendu d'un bain décrassant et vivifiant dans les eaux tièdes du lac.

On descend ensuite le massif par les sentier forestiers, Jim (des Signols) m'ayant déconseillé le GR, bien trop raide. En chemin, j'ai la surprise de voir quantité de cèpes sur les bords. Je sors mon couteau, un sac, et fait le plein. Je trouve également quelques girolles. Cette incartade champignonesque me coûtera un bel effort. Non pas dû ramassage, mais à mon étourderie. 5 minutes après la fin dema cueillette, je m’aperçois que j'ai toujours mon couteau dans la main droite, mon sac de champis dans la main gauche, et mon bâton... Mon bâton !!!! J'ai dû le poser lors de mes ramassages. J'accroche Korrigan, et me voilà parti au pas de course, à refaire le chemin inverse, en montée bien sûr. Faut-il que je l'aime ce bâton. Je l'ai depuis Compostelle, ce n'est plus un simple morceau de bois. J'ai même commencé à le sculpter chez Mika.

Je monte, je monte, toujours rien. Obstiné, je remonte tout de même jusqu'à 920m d'altitude, sachant que je me suis aperçu de son absence à 680m. Rien. Je redescend au pas de course (je pense à Korrigan accroché à son arbre), un peu résigné, mais guettant toujours les bords de chemin à la recherche de mon bout de noisetier. Presque arrivé en bas, je tombe finalement dessus, un peu caché par des fougères. Je suis bien heureux d'avoir pu le retrouver (il était à environ 730m d'altitude), et tant pis pour les 180m de dénivelé aller-retour en trop.

Je récupère Korrigan, mon sac de cèpes, et nous finissons la descente vers Prémian, ou je savoure ma pause café-pain au chocolat. Nous remontons ensuite vers ND de Tredos, notre étape du soir. Enfin du midi, puisqu'à 12h pétantes, nous y sommes. Nous nous arrêtons près de la cabane de Chantal, une amie de Jim, chez qui nous pourrons planter la tente. Après midi de repos, évidemment, et le soir, je prépare les champignons, qui serons mangés avec des tagliatelles. J'en ai tellement que j'en garde pour le lendemain midi.

Le samedi, étape tranquille jusqu'au domaine de Lacan d'où j'écris ce message. Rien de spécial à raconter, si ce n'est que nous sommes passés devant une ferme de production de spiruline. J'en ai pris pour moi, et Korrigan s'en ai vu offrir. Ca peut bien aidé pour la pousse des sabots. Au domaine de Lacan, qui est un ensemble de gîtes, les gérants (des belges ayant fuit Bruxelles, bravo !) m'ont chaleureusement accueillit, et j'ai pu planter la tente dans le verger. Korrigan a même eu le droit à de l’onguent pour la repousse de sabots et du pain sec pour la route. Merci Laura !